TICKET CLIVANT À CONVERSER

Numéro 21. Septembre 2026


Éditions du respirateur
https://respirateur.com/bisphenola/21


Thé trouble cm
19.60

Collapse cm
34.50

DES ÉTINCELLES cm
79.30



Tu veux tout cm
135.60

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Thé trouble
 

L’effondrement stable
(il y a une guerre partout,
mais entre les bombes,
il y a une terrasse.)

 
Soglie Omimeau
 
Collapse
 

Au seuil de ma porte, je fais tomber la poussière,
J'esquisse un pas de danse et frotte mes souliers -
Frappe mes semelles et fabrique un nuage,
J'esquisse un pas de danse et fabrique un nuage :
Et sous mes pieds le sable du Moyen-Orient,
S'envole -

Une grenade a frappé.

La carrosserie de mon véhicule est teintée du désert,
Ignorant la misère - je pense à laver mes vitres.
Au seuil de ma porte, j'esquisse un pas de danse,
Et le sable virevolte loin de mon appartement.

 
Jessica Hardy
 
DES ÉTINCELLES
 


Je ne respire plus ou très peu, très doucement, une fois sur deux et sans aucun bruit.
Je crains qu’il s’échappe et si ça arrive, le regret serait immense et inconsolable.
Il me glisse entre les doigts, je l’enveloppe alors avec tout mon corps.
C’est de cet instant que je parle. Cet instant qui m’échappe alors qu’il faut en faire … quelque chose.
On ne peut pas laisser passer ce précieux moment de désespoir chargé de révolte, cette rage constructive, ce point de non-retour.
Autour de moi, au fond des regards fatigués, sous les fronts plissés, je vois ces jours-ci des étincelles qui me chuchotent « Je sais  ».
On dirait des milliers de papillons de conscience, arrivés à maturité, qui prennent leur envol
en même temps.
C’est merveilleux.
On ne pouvait pas rêver mieux.
La Terre n’a jamais aussi bien montré ses symptômes, ses articulations nécrosées, sa chair inflammée.
L’humanité n’a jamais poussé des cris aussi féroces : des cris de monstruosité comme de détresse.
Et n’est-ce pas à cela que sert la douleur : pousser des cris ? Pousser à agir ?
Aux crayons et aux armes !
Nous avons du fil à retordre.
Un tas de mots, usés, délavés, vidés de leur sens — « économie  », « crise  », « croissance  », « mondialisation  », « marché  », « politique  », « société  », … « la vie  » elle-même.
Telle une modulation musicale, il faut une inflexion à ces mélodies lancinantes.
C’est simple. Faisons des étincelles !
Il en faut des millions, dans cette nuit glacée d’indifférence cynique.
Petites mais audacieuses, pour que les plus discrets entre nous osent faire les leurs.Aux crayons et aux armes !
L’artiste en moi n’a jamais fait aussi bon ménage avec la citoyenne en moi ; mes rêves, avec mes devoirs.
Mes muscles et mes neurones sont tendus. Ils font des petites contractions et rebonds vers l’avant.
Ils veulent que je bouge.

 
ZÂD
 
I can't remember GPT-2
 

pruning : 0.0%

I can't remember how much I enjoyed it, but I love the whole thing. I'm hoping to get a sequel to that one.

pruning : 13.0%

I can't remember how long I've been on this game. I'm not sure if I played it before or after, but I remember a lot of it, and I've been looking forward to it for a long time.

pruning : 23.0%

I can't remember anything about this or anything.

I don't know if you ever had that problem with your partner or with your partner's partner.

You have no idea.

I'm not going to lie.

I'm not going to lie.

I'm not going to lie.

I'm not going to lie.

I'm not going to lie.

pruning : 37.0%

I can't remember the last time I saw a guy who looked like this, but he was just a guy.

"You have to be a little bit more careful. I don't think I would have ever been able to see him if he was alive."

pruning : 51.0%

I can't remember how many times I've had to go through the same thing. I have to go through the same thing.

I have to go through the same thing.

I have to go through the same thing.

I have to go through the same thing.

I have to go through the same thing.

I have to go through the same thing.

pruning : 66.0%

I can't remember about it's been a-I mean, I'm think about that I'm trying to put some time that, I'm going to put some time to put some time off the time and I can put some time off the time off the time off the time off the time off the time off the time off the time off the time off the time off the time off the time off the time off

pruning : 73.0%

I can't remember'I'SMAppearTheAInMItM÷,IItIItN­MœIN

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pruning : 83.0%

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pruning : 100.0%

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Dimitri Alexandre
 
Comme anarcho-cuisiniste
 

J’aime      particulièrement      la compréhension qui nous éclaire quand on s’entend pour fabriquer les machins qui fonctionnent. (Dans les machins, il y a même des idées.)
Elle nous fait voir comme était douloureuse la crainte lorsque les machins nous venaient encasés dans du plastique blanc, qu’il ne fallait surtout pas ouvrir sous peine de menaces écrites en tout petit. On avait peur comme de la police de ces objets qui nous disaient comment les utiliser : tout droit.
Au contraire, maintenant, chaque instrument de la cuisine a une histoire que je saurais reconstruire, pièce par pièce et envie par envie, en rappellant celles que la partageuse m’a montrées.
Cela dit, ma conséquence préférée est que ces machins uniques et racontés n’ont besoin d’aucune pub. Alors elles disparaissent. Le langage se trouve soulagé d’un tel poids !
Je crois que quelques ami·es vont vraiment pouvoir reprendre les mots qu’il leur manquait.

 
Soglie Omimeau
 
Tu veux tout
 

Ça te traverse comme un piquet
et toute la journée tu l’as dans la gorge
un goût de fumée
l’envie d’en finir, un rien tenace
le poing serré dans la poche sur une figure
ça tient du rêve et de la poussière
à un peu de sueur aussi
on retient la possibilité du bout des doigts
au-dessus de la fournaise
si on lâche, tout pète tout prend flamme
et c’est parti

Les rêves prennent dix ans à avoir le dessus
sur des rond-points dix ans c'est long
Qu'est qu'il faut de notre ire
pour tenir bon jusque-là ?

Chaque matin tu marches dans l’herbe
on t’a dit que c’est bon pour les idées
qui te mettent le rouge aux yeux
personne ne t’a dit que sous tes pieds
tu le sentirais aussi
un rythme, un mouvement te répond
personne ne fait attention
au chants de révolte des fourmis
aux promesses gravés dans leur tunnels
au long labeur du lombric
qui prépare sa terre pour demain
personne ne l’entend dans le piaillement des oiseaux
les aigus de la colère
personne ne le sent dans le regard du chien
comme il pourrait se retourner
partir en courant là où on ne le siffle pas
tout gronde avec la même colère
pour peu qu’on s’y accorde

Ce matin encore tu pointeras en retard
parce que tu as voulu rêver plus
et que ton dos te fait mal
C'est dans ta main déjà
le bris
la brique le briquet
la vitre fêlée n’attend que ça

Détourne le train
ne te lève pas
fais demi-tour
tout tourne en boucle
sur des plateaux où tu ne seras jamais invité·e
tout tourne en boucle
tu voudrais y balancer ton pied
faire tourner les choses dans l’autre sens
casser la boucle, casser le cycle
te réveiller et avoir le temps
te réveiller et avoir le choix
te réveiller et avoir la pêche
sentir de combien on t’a privé·e
reprendre tout là dans ta paume
et la garder grande ouverte

marcher ne t’a pas calmé·e
le rue là-bas va bouillir
les murs là-bas vont trembler

Jusque-là
Juste garder le calme
Juste tenir parole
Juste garder la langue
Juste tenir la garde
Juste garder le silence
Juste tenir bon
Juste là, juste un instant
Juste à un cheveu de tout
Tout expl-
Tout cri-
Tout cass-
Tout

 
Eau Paline
 
Au delà de ma tête
 

A (2357)

Au delà de ma tête
Des têtes et têtes usées
Idées fortes usées par le temps les mouvements
Froid étendus chaud contracté
Dans ces mouvements dans ces
Il y avait
Du sens
Il y avait du sens au dessus de me tête
Je ne comprenais pas le sens grêlait dans mes pensées
Les pensées venaient d en haut tombaient lentement comme
Comme

Comme

Des flocons de neige l’hiver

Comme les feuilles aux extrémités de l’Arbre

Et je cherchais cet Arbre par le monde je voulais remonter les racines jusqu’à mes orteilles mes nerfs les pages où transmettent les électricités où se changent les visages où se change le changement une infinie d infinités contractaient détendaient respiraient

Loooonguement
Et loooonguement

Et dans l’épaisseur des distances passait le mot, passait la lettre
Dans l’épaisseur des phrases il y’avait des distances beaucoup de points lumineux s’entrechoquaient
Et je me disais c est comme si une parole écrivait là où les mains se lamentent de ne pas savoir et il y avait des fantômes dans les distances et tout agissait agitait

Un souffle long

Mmmmmmm

Oui, je ne sais pas

Mmmmmmm

Un souffle long à travers mes yeux
Comme une lumière à travers les ondes les distances les épaisseurs des vides et des pleins

Et le vide
Et parlons du vide oui
Parlons du vide
Oui le vide est vivant est une toile
Parlons du vide oui
Remplissons le vide
Le vide est bon

Mmmmmmm

Le vide est bon oui le vide est une vague le vide est une lamentation
Et mes mains se lamentaient de ne pas savoir
Et ma tête se lamentait de ne pas savoir
Et le vide vibrait entre chacune de mes parties j étais fais de vide vibrant
J avais deux yeux de vide vibrant se lamentant de ne pas savoir
Et je ne savais pas
Mmmm
Je ne savais pas

Le vide est bon

Le vide est bon au dessus de ma tête
Le vide est bon au dessous de mes pieds
Le vide est bon dans mes mains
Le vide est bon dans mon ventre
Le vide est bon sous les paupières
Sous le sable les montagnes marées nuits étoilées
Sous les escargots cafards grottes et paroies
Dans les veines de la terre où remontaient
Ou remontaient
Ou remontaient les vides
Les magmas de vide vivant
Et le diamant se forme entre 150 et 800 kilomètres de profondeur sous la surface de la terre et remonte par les veines jusqu aux yeux où lumières et forêts
Les choses qui existent
sont importantes

 
Milo Lafage
 
Bisphenol-a est une revue mensuelle qui s’attache à décrire les zones troubles entre mots et mondes. C’est une polyphonie.
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Le prochain numéro aura pour thème "Signes".






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