L’effondrement stable
(il y a une guerre partout,
mais entre les bombes,
il y a une terrasse.)
Au seuil de ma porte, je fais tomber la poussière,
J'esquisse un pas de danse et frotte mes souliers -
Frappe mes semelles et fabrique un nuage,
J'esquisse un pas de danse et fabrique un nuage :
Et sous mes pieds le sable du Moyen-Orient,
S'envole -
Une grenade a frappé.
La carrosserie de mon véhicule est teintée du désert,
Ignorant la misère - je pense à laver mes vitres.
Au seuil de ma porte, j'esquisse un pas de danse,
Et le sable virevolte loin de mon appartement.
Je ne respire plus ou très peu, très doucement, une fois sur deux et sans aucun bruit.
Je crains qu’il s’échappe et si ça arrive, le regret serait immense et inconsolable.
Il me glisse entre les doigts, je l’enveloppe alors avec tout mon corps.
C’est de cet instant que je parle. Cet instant qui m’échappe alors qu’il faut en faire … quelque chose.
On ne peut pas laisser passer ce précieux moment de désespoir chargé de révolte, cette rage constructive, ce
point de non-retour.
Autour de moi, au fond des regards fatigués, sous les fronts plissés, je vois ces jours-ci des étincelles
qui me chuchotent « Je sais ».
On dirait des milliers de papillons de conscience, arrivés à maturité, qui prennent leur envol
en même temps.
C’est merveilleux.
On ne pouvait pas rêver mieux.
La Terre n’a jamais aussi bien montré ses symptômes, ses articulations nécrosées, sa chair inflammée.
L’humanité n’a jamais poussé des cris aussi féroces : des cris de monstruosité comme de détresse.
Et n’est-ce pas à cela que sert la douleur : pousser des cris ? Pousser à agir ?
Aux crayons et aux armes !
Nous avons du fil à retordre.
Un tas de mots, usés, délavés, vidés de leur sens — « économie », « crise », « croissance », «
mondialisation », « marché », « politique », « société », … « la vie » elle-même.
Telle une modulation musicale, il faut une inflexion à ces mélodies lancinantes.
C’est simple. Faisons des étincelles !
Il en faut des millions, dans cette nuit glacée d’indifférence cynique.
Petites mais audacieuses, pour que les plus discrets entre nous osent faire les leurs.Aux crayons et aux
armes !
L’artiste en moi n’a jamais fait aussi bon ménage avec la citoyenne en moi ; mes rêves, avec mes
devoirs.
Mes muscles et mes neurones sont tendus. Ils font des petites contractions et rebonds vers l’avant.
Ils veulent que je bouge.
pruning : 0.0%
I can't remember how much I enjoyed it, but I love the whole thing. I'm hoping to get a sequel to that one.
pruning : 13.0%
I can't remember how long I've been on this game. I'm not sure if I played it before or after, but I
remember a lot of it, and I've been looking forward to it for a long time.
pruning : 23.0%
I can't remember anything about this or anything.
I don't know if you ever had that problem with your partner or with your partner's partner.
You have no idea.
I'm not going to lie.
I'm not going to lie.
I'm not going to lie.
I'm not going to lie.
I'm not going to lie.
pruning : 37.0%
I can't remember the last time I saw a guy who looked like this, but he was just a guy.
"You have to be a little bit more careful. I don't think I would have ever been able to see him if he was
alive."
pruning : 51.0%
I can't remember how many times I've had to go through the same thing. I have to go through the same
thing.
I have to go through the same thing.
I have to go through the same thing.
I have to go through the same thing.
I have to go through the same thing.
I have to go through the same thing.
pruning : 66.0%
I can't remember about it's been a-I mean, I'm think about that I'm trying to put some time that, I'm going
to put some time to put some time off the time and I can put some time off the time off the time off the
time off the time off the time off the time off the time off the time off the time off the time off the time
off the time off
pruning : 73.0%
I can't remember'I'SMAppearTheAInMItM÷,IItIItNMœIN
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J’aime particulièrement la
compréhension qui nous éclaire quand on s’entend pour fabriquer les machins qui fonctionnent.
(Dans les machins, il y a même des idées.)
Elle nous fait voir comme était douloureuse la crainte lorsque les machins nous venaient encasés dans du
plastique blanc, qu’il ne fallait surtout pas ouvrir sous peine de menaces écrites en tout petit. On avait
peur comme de la police de ces objets qui nous disaient comment les utiliser : tout droit.
Au contraire, maintenant, chaque instrument de la cuisine a une histoire que je saurais reconstruire, pièce
par pièce et envie par envie, en rappellant celles que la partageuse m’a montrées.
Cela dit, ma conséquence préférée est que ces machins uniques et racontés n’ont besoin d’aucune pub. Alors
elles disparaissent. Le langage se trouve soulagé d’un tel poids !
Je crois que quelques ami·es vont vraiment pouvoir reprendre les mots qu’il leur manquait.
Ça te traverse comme un piquet
et toute la journée tu l’as dans la gorge
un goût de fumée
l’envie d’en finir, un rien tenace
le poing serré dans la poche sur une figure
ça tient du rêve et de la poussière
à un peu de sueur aussi
on retient la possibilité du bout des doigts
au-dessus de la fournaise
si on lâche, tout pète tout prend flamme
et c’est parti
Les rêves prennent dix ans à avoir le dessus
sur des rond-points dix ans c'est long
Qu'est qu'il faut de notre ire
pour tenir bon jusque-là ?
Chaque matin tu marches dans l’herbe
on t’a dit que c’est bon pour les idées
qui te mettent le rouge aux yeux
personne ne t’a dit que sous tes pieds
tu le sentirais aussi
un rythme, un mouvement te répond
personne ne fait attention
au chants de révolte des fourmis
aux promesses gravés dans leur tunnels
au long labeur du lombric
qui prépare sa terre pour demain
personne ne l’entend dans le piaillement des oiseaux
les aigus de la colère
personne ne le sent dans le regard du chien
comme il pourrait se retourner
partir en courant là où on ne le siffle pas
tout gronde avec la même colère
pour peu qu’on s’y accorde
Ce matin encore tu pointeras en retard
parce que tu as voulu rêver plus
et que ton dos te fait mal
C'est dans ta main déjà
le bris
la brique le briquet
la vitre fêlée n’attend que ça
Détourne le train
ne te lève pas
fais demi-tour
tout tourne en boucle
sur des plateaux où tu ne seras jamais invité·e
tout tourne en boucle
tu voudrais y balancer ton pied
faire tourner les choses dans l’autre sens
casser la boucle, casser le cycle
te réveiller et avoir le temps
te réveiller et avoir le choix
te réveiller et avoir la pêche
sentir de combien on t’a privé·e
reprendre tout là dans ta paume
et la garder grande ouverte
marcher ne t’a pas calmé·e
le rue là-bas va bouillir
les murs là-bas vont trembler
Jusque-là
Juste garder le calme
Juste tenir parole
Juste garder la langue
Juste tenir la garde
Juste garder le silence
Juste tenir bon
Juste là, juste un instant
Juste à un cheveu de tout
Tout expl-
Tout cri-
Tout cass-
Tout
A (2357)
Au delà de ma tête
Des têtes et têtes usées
Idées fortes usées par le temps les mouvements
Froid étendus chaud contracté
Dans ces mouvements dans ces
Il y avait
Du sens
Il y avait du sens au dessus de me tête
Je ne comprenais pas le sens grêlait dans mes pensées
Les pensées venaient d en haut tombaient lentement comme
Comme
Comme
Des flocons de neige l’hiver
Comme les feuilles aux extrémités de l’Arbre
Et je cherchais cet Arbre par le monde je voulais remonter les racines jusqu’à mes orteilles mes nerfs les
pages où transmettent les électricités où se changent les visages où se change le changement une infinie d
infinités contractaient détendaient respiraient
Loooonguement
Et loooonguement
Et dans l’épaisseur des distances passait le mot, passait la lettre
Dans l’épaisseur des phrases il y’avait des distances beaucoup de points lumineux s’entrechoquaient
Et je me disais c est comme si une parole écrivait là où les mains se lamentent de ne pas savoir et il y
avait des fantômes dans les distances et tout agissait agitait
Un souffle long
Mmmmmmm
Oui, je ne sais pas
Mmmmmmm
Un souffle long à travers mes yeux
Comme une lumière à travers les ondes les distances les épaisseurs des vides et des pleins
Et le vide
Et parlons du vide oui
Parlons du vide
Oui le vide est vivant est une toile
Parlons du vide oui
Remplissons le vide
Le vide est bon
Mmmmmmm
Le vide est bon oui le vide est une vague le vide est une lamentation
Et mes mains se lamentaient de ne pas savoir
Et ma tête se lamentait de ne pas savoir
Et le vide vibrait entre chacune de mes parties j étais fais de vide vibrant
J avais deux yeux de vide vibrant se lamentant de ne pas savoir
Et je ne savais pas
Mmmm
Je ne savais pas
Le vide est bon
Le vide est bon au dessus de ma tête
Le vide est bon au dessous de mes pieds
Le vide est bon dans mes mains
Le vide est bon dans mon ventre
Le vide est bon sous les paupières
Sous le sable les montagnes marées nuits étoilées
Sous les escargots cafards grottes et paroies
Dans les veines de la terre où remontaient
Ou remontaient
Ou remontaient les vides
Les magmas de vide vivant
Et le diamant se forme entre 150 et 800 kilomètres de profondeur sous la surface de la terre et remonte par
les veines jusqu aux yeux où lumières et forêts
Les choses qui existent
sont importantes