• J’ai acheté un fil rouge.
• Arrête de croire en des conneries.
• Je crois bien en toi.
• Mais je suis réel.
• Oui, mais tu es une connerie.
• J’ai faim.
• Fais-toi à manger.
• Je veux éviter.
• Mange un yaourt.
• Je veux éviter.
• Évite-toi toi-même.
• Je peux pas, je suis tout le temps avec moi-même.
• Ah ! C’est les yaourts dégueulasses, j’ai l’impression de me manger moi-même.
• Tu pourrais être plus gentil avec ta mère ?
• Je suis gentil sur le fond pas sur la forme.
• Si on a un chat, on l’appellera pas chat.
• Bien sûr que si
• Alors pourquoi on n'a pas appelé Noah "enfant" ?
• Parce que, c’est pas légal.
• Le CEO est un con, être con fait partie de la culture de l’entreprise.
• J'ai une aura de licorne.
• Mais tu vas shazamer la fleur ?
• J’ai réfléchi un millimètre de seconde.
• Qu’est ce que tu penses de l’alcoolisme mondain ? De la servitude volontaire ?
• Qu’est-ce que l’indigence intellectuelle ?
• Les humains, c’est super intéressant quand tu es en contact avec eux. Tu sais jamais comment ils vont réagir.
• Pour justifier ces conneries ou on commence l’alcool ou on arrête tout.
• La moitié des conneries c’est toi qui les dis.
• Oui, mais on est deux.
• C’est quoi le sens de la vie ?
• Redonner ce que tu as reçu.
• J'ai l'impression qu'il faut vivre en tribu et j'ai pas de tribu.
• Qu'est-ce que la dictature de la verdure ?
• Est-ce que tout a une âme ?
• Est-on vivants ou morts ?
• C’est quoi vivre l’instant présent ?
• Est-ce qu’on doit être tous heureux ?
• Ma porte est fermée le samedi soir.
• J’ai l’impression que la vie est un produit à consommer.
• Ah, parce que tout n’était pas gratuit ?
• Même tes émotions sont une marchandises.
• Pourquoi est-on coincée ici ?
• Nous n’avons pas les moyens d'aller ailleurs.
• Est-ce qu’on veut vendre son âme ?
• Qu'est-ce que le mensonge ?
• Qu'est-ce qui est vrai ?
• Qu’est-ce qui est faux ?
• Est-ce que tu m’aimes ?
• Oui, uniquement le mardi matin.
• Pourquoi ?
• Parce que l’amour ça prend de l’espace et du temps.
potiner est à la portée
de tout le monde
alors tu blablates à tout-va
autour d'un café d'un chocolat
ou de n'importe quoi qui se boit
tu suspends tes phrases
à tes lèvres comme du linge
sur un fil
et quand tu sens
que la conversation se meurt
alors tu recommandes
un autre truc et un autre sujet
s'en vient avec tes consos
puis tu fais un brin de causette
en attendant ton tour
dans la salle d'attente du toubib
alors que les autres patients
piquent du nez ou bien
fixent le sol en reniflant
parce que rester enfermé
avec tes pensées tu peux pas
alors tu tailles le bout de gras
avec le livreur Amazon
tu lui arraches quelques minutes
de son précieux temps
quite à dire tout et
surtout n'importe quoi
il tient ton paquet dans une main
tu lui tiens la jambe de l'autre
alors qu'il porte son empressement
comme un masque bien visible
et puis tu causes à la voisine en
descendant tes poubelles
celle qui pue le vieux beurre rance
et n'a pas l'air commode
que tu peux même pas encadrer
mais tu te dis qu'il faut bien
faire preuve de politesse
dans ce qui reste de ce monde
sans délicatesse
tu téléphones à ta mère
aussi souvent que tu le peux
tu l'écoutes te raconter
la vie du quartier où
tu n'habites plus
pis tu demandes des nouvelles
d'un peu tout le monde
alors elle se souvient
au même moment d'un divorce ou
du cancer de quelqu'un de proche
et ton oreille de s'abreuver
de cancans dont tu raffoles
m'enfin tout ça
oui tout ça
c'est rien d'autre qu'une diversion
du temps gagné sur le moment
que tu redoutes le plus
ce truc pourtant primordial
que tu remets toujours
à jamais
toi ce dont t'as peur
c'est de devoir te poser
là sur ton canapé
dans l'étouffant silence
de ton appartement
et d'avoir à te causer
dans le rouge du cœur
une vraie conversation franche
avec toi-même
comme dans cette émission
sur la 2 où les gens se racontent
et se dévoilent dans la chaleur cosy
d'une maison de campagne
mais tout plutôt que ça
alors tu potines
parce que la potine c’est
à la portée de tout le monde