TICKET CLIVANT À CONVERSER

Numéro 17. Mai 2026


Éditions du respirateur
https://respirateur.com/bisphenola/17



tungstène cm
35.00

sur les rotules cm
66.40


Total € 0.00
 
 
Pierre Mabille
 
tungstène
 

ne plus croire au futur
logique

croyance exclusive
aux imbéciles d'aujourd'hui
terroristes du succès
dans leurs cocons de métal

enfance déchue dans l'œuf
sagesse sans lendemain

se fondre dans la cendre

bombe nucléaire prépayée
gentiment déposée dans la boîte aux lettres

naître étrangléx
par le cordon ombilical artificiel
d'un amour parental oublieux
souhait inavoué

accouchements souterrains
dans les entrailles d'un bunker

privéx de soleil
cette lampe halogène géante
rétines brûlées par les écrans
de fumée hallucinogène

aller simple vers la ruine
centre commercial aux néons fissurés
casino de la classe moyenne

marée noire
boire la tasse
arrière-goût de microplastiques

se traîner dans des parkings
déchets entre les déchets
esprit plein dans un corps vain
pensée vive décharnée

cœurs de béton
organismes réfrigérés

mordre la poussière
noyer l’acidité
omniprésente

plus la force de gueuler
trachée incapable
attaquée au glyphosate

prophètes aphones
cassandres muselées
gaminx des cataclysmes

en équilibre précaire
corde enflammée aux deux extrémités
incendie prémédité

perdre dans les gravats
raison d’être

impasses et voies sans issue
sur les panneaux de signalisation
du thanatocene

 
Ellis Laurens
 
 

      sur les








Le syndrome fémoro-patellaire (SDFP) est la pathologie la plus diagnostiquée chez les jeunes se plaignant de maux aux genoux.

Il est caractérisé par

une douleur vive et invalidante

une sensation d’instabilité pouvant entraîner la chute, surtout en terrain accidenté

des craquements (n’ont de valeur pathologique que s’ils sont fréquents)

Rappel

L’avenir appartient
aux oisifs et aux oiseaux

(Rien ne sert de courir etc.)
Volez

 
Zoé Grel
 
Iel pleut des rasoirs
 

Iel pleut des rasoirs
d’oubli qui
(sans
peur ?) trans[déchiqueter
l’intense]percent
le Futur : de
le souvenir merveilleux.

*

J’adore le futur (mais) dans 20 – 30 ans il n’y en aura plus.

*

Un d[un capitalisme qui fit
cela]ogme en remplaça
un aut[un Dieu dans
le Ciel]re, et ain[qu’en est-iel
de Marx ?]si de suite ;
parfois c’était (le futur,
c’était mieux
avant ?) bien, par[toujours
se méfier de…]fois non,
dans tous les cas : l’expérience
d’un passé (est passée) ne sera
jamais (mais est passée)
la solution (mais
est passée) de tous les futurs.

*

On est repartie, ou reparti
(encore et encore) dans cette vase
Histoire de notre, futur ( ha ha ha )
Pourtant ça ne sert à rien, c’et
Inutile de rêver. Le passé ne vaut pas
Mieux, à peine moins
Que le présent ; mais. Je rêve
Encore et toujours d’une temporalité
(je suis bien optimiste, je crois…) ; mais
Où la trouver.
Rien ne sait ; rien ne croit, tout se.
Bref, et c’est à côté, bien présent,
Lorsque passé, enrobé de futur (ça fond,
Ça fond tout ça…). Je veux
Sortir de là, m’éloigner (hum c’est difficile) ;
Iel faut y arriver, à partir, au loin ; dériver, tout
Près, car c’est dans le près que
La temporalité se retrouver (RIEN
ne se passe lorsque la vie
S’éloigne) ; et je pense, et
Je pense.
Que tout.
Et affaire.
De trouver.
La bonne position ;
Pour mourir.

*

En fait, on ne reviendra
jamais à l’époque où
de toute façon ce n’était
pas possible. Car rien n’aura
jamais été possible, sauf que.
Rêver.
Mais pas n’importe comment, hein.
Rêver, ça ne doit
pas se faire correctement, sinon
la réalité (alors que…) ; donc
on doit s’adapter à l’approximation
du néant ( HA HA HA ), et
respirer l’air, brut, brut, brut.
Et changer de projet :
Encore le faire, mais n’importe comment.
Retourner, au début.
Lorsque rien n’était possible.
& la tenter, un peu,
l’essayer, essayer ça,
peu importe ce que c’était,
où ça sera,
dans le présent,
car déjà disparu,
dans le futur,
on verra bien.
(j’ai pourtant essayé…)
Et plusieurs fois ; ensemble,
Plus rien de marche
(car au présent, et
Au présent, et au présent)
Sans cette pensée
D’un passé
Jamais advenu ( HA HA HA )
Tout ça se projette
Vers.
Donc rien n’avance
Que du vide
Un vide interne
qui s’externalise (sans blague !)
dans du pétrole,
qui dégouline d’horreur
car des horreurs,
oui les horreurs
iel y en a plein,
et (j’ai pourtant essayé…
longtemps !) un peu,
ça se passe toujours
car absence.
Bref, on n’y avait jamais pensé
Car : comment faire.
Sans rien savoir
(c’est tellement
Normal) de ce qui allait arriver :
Ce qui n’était jamais possible !

*

Je me souviens du futur.
Mais juste un peu.
En même temps c’est normal.
Le futur n’est pas, fin.

*

Le futur, on pourrait.
Mais.
L’on ne peut.
Se permettre.
HAHA

*

 
Damien Bianco
 
Bisphenol-a est une revue mensuelle qui s’attache à décrire les zones troubles entre mots et mondes. C’est une polyphonie.
Si vous souhaitez participer ou vous abonner, contactez-nous @respi.rateur ou sur respirateur.editions@gmail.com.
Le prochain numéro aura pour thème "Les machines".






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